Jellaba bziouia, un joyau du patrimoine vestimentaire marocain

Par Nouamane LABIDI.

Bzou (Azilal) – La Jellaba bziouia en référence à sa ville d’origine, Bzou est sans conteste l’une des belles incarnations de la diversité du patrimoine vestimentaire marocain.

Avec ses couleurs vives et variées et ses lignes harmonieuses, cette Jellaba, véritable témoin de la richesse culturelle dont dispose le Royaume, continue de captiver clients, couturiers et fashionistas à l’image de son tissage très fin et de l’originalité de ses coloris.

Tout commence dans la paisible commune de Bzou qui compte plus de 22 douars étagés sur les versants des montagnes du Haut Atlas. La Jellaba Bziouie est le fruit d’un travail long et fastidieux qui dure en moyenne un mois et demi.

Très fine et transparente, la Jellaba Bziouia, habit traditionnel marocain par excellence est fabriqué à partir de laine et de soie naturelle. Le tissage dit Bzioui est utilisé uniquement dans la confection de cette Jellaba.

Après la récupération de la laine et sa préparation, les tisseuses entament une opération dite de cardage de la laine et de sa filature à la main. Vient alors le rôle du couturier qui confectionne les jellabas dans la pure tradition marocaine.

La commercialisation du produit passe, ensuite, aux enchères publiques (Dlala) dans Dar Jellaba Bziouia, mise en place dans le but de favoriser la commercialisation et l’organisation professionnelle des tisseuses de la région. La Dlala s’effectue chaque vendredi, le plus souvent dans la soirée.

Dans une déclaration à M24, la chaîne d’information en continu de la MAP, Chakir Nadia, tisseuse dans le village de Mazouz (Bzou) a déploré la situation alarmante de Dar Jellaba Bziouia dont les tisseuses sont comptées au bout des doigts, relevant qu’aucune vente aux enchères n’a été effectuée depuis le déclenchement de la pandémie de la Covid-19.

Dar Jellaba est quasi vide dans la totalité et le nombre de tisseuses dite « au foyer » se trouvent dans une situation financière délicate, a-t-elle avertit, relevant que ces femmes sont en proie au chômage après que leur activité ait été florissante pendant plusieurs années.

Au sujet de la Jellaba de bzou, celle-ci nécessite un doigté chirurgical en raison de la finesse de son tissu, a précisé Mme Chakir, relevant que la confection d’une Jellaba dure en moyenne un mois et demi et demande beaucoup d’efforts et de patience d’où l’importance de penser à un plan de revalorisation de ce produit artisanal marocain typique.

Alors que la demande sur la Jellaba bziouia ne cesse de croître au niveau national, sa commercialisation a connu une chute brutale après le déclenchement de la pandémie du Covid-19.

Nombre de tisseuses se sont vues leurs activités dévalorisées à la suite de cette pandémie. Le secteur est à genoux et Dar Bziouia ressemble à une cité fantôme ou le silence est le maître mot en l’absence d’un geste généreux des services concernés à l’adresse de ces femmes pour redonner ses lettres de noblesse à la fameuse Jellaba de Bzou, costume national marocain par excellence.